Moscou, découverte du train (01/08/2014)



Ce matin, nous nous levons à 8h pour être prêt avant Tatiana. A 9h, nous voilà parti pour un tour de la ligne 5 du métro, la ligne circulaire. Eh oui, à Moscou, le métro se visite et ça vaut le détour. Des grands espaces en marbre et des vitraux, statues, sculptures à la gloire de Staline l'initiateur du projet. On ressent bien la propagande "travail, famille".



 Après 8 stations, nous prenons la direction de l'université où paraît-il, la vue sur Moscou est splendide. L'université est immense, avec un bâtiment principal bien soviétique. Mais la vue est restreinte, on aperçoit les grands buildings de Moscou mais rien d'extraordinaire, tant pis nous n'avons sans doute pas trouvé l'endroit idéal. 
Nous remontons dans le métro pour un arrêt au Couvent de Novodievitchi, très vieux voir même très très vieux. Il y a une église et une tour entouré de remparts. Nous faisons notre tour avant de finir l'après midi dans le parc Gorki pour reposer nos gambettes bien fatiguées et profiter du wifi pour donner quelques news.



 A 18h30,  retour chez Tatiana pour un sandwich et le rangement des affaires, le train nous attend à 23h.
Début d'une autre expérience!
En gare, nous trouvons notre train sur l'écran, il n'y a plus qu'à attendre le numéro du quai. 22h15, nous partirons quai 2, la prodvonista contrôle les billets et passeports et nous trouvons notre cabine. Comme prévu, c'est un petit compartiment avec 2 lits de chaque côté et un minuscule passage au milieu pour atteindre la petite tablette. Draps, matelas, oreillers et couettes à disposition, nous préparons notre lit douillet en attendant nos compagnons de chambrée. Un gros monsieur entre suivi d'une femme. Il glisse un gros bagage et repart pendant que la femme s'installe sur la couchette du bas. Pourvu qu'il ne ronfle pas comment va-t-on tenir à 4 la dedans? Le gros monsieur ne revient pas et un jeune russe s'installe avec son énorme sac à dos sur la couchette du haut. 23h05 tapant et c'est parti. Tout le monde est installé, couché, lecture puis extinction des feux.









Dans le train avec Sergueï (02/08/2014)



Nuit parfaite pour Maud qui était épuisée par les 3 jours moscovites. Pour moi, ça a été plus difficile de trouver le sommeil, la banquette est dure, ça bouge pas mal...faudra s'adapter. Il y a eu plusieurs arrêts pendant la nuit. Au petit matin, le jeune homme se lève le premier, je le rejoins dans le couloir pour voir défiler le paysage: forêts de boulots, petites maisons de  bois et forêts de boulots (assez de boulots pour boucher les chéneaux de la maison de pachi pour mille ans!). 
Je tente de lancer la conversation en montrant notre gare d'arrivée sur le panneau du couloir, lui ira jusqu'au terminus à Abakan pour le travail. Il s'appelle Serguei et habite Moscou. Abakan est au centre sud de la Russie, il y a 3 jours de train depuis Moscou et il me mime l'utilisation d'une pelle; je déduis qu'il travaille peut être dans une mine ou carrière. Mini déjeuner et notre voisine quitte le train à 10h30 à Sharia. Nous apprenons à vivre dans le train: trouver une prise, optimiser le rangement, se servir des lavabos... On s'en sort pas trop mal même si Maud s'est fait engueuler car elle n'a pas fermé les toilettes (explication rude à la soviétique).
 Serguei parle quelques mots d'anglais, il me demande le lonely planet pour le feuilleter. Vers 13h nous prenons un petit repas, nous sommes les seuls à manger. Apparemment les russes ne déjeunent pas, Serguei refuse même une tranche de saucisson, ça en fera plus pour nous! Reconstitution de la soupe chinoise explosée dans l'avion  et hop un tour au samovar (distributeur non stop d'eau bouillante). 
Après midi sieste ou essai de sieste car en plein sommeil profond pour nous 3, la prodvonista entre et passe l'aspirateur au milieu de nos couchettes...Merci! 
On observe le paysage: boulots, pins, boulots et aussi de la lecture. J'en profite aussi pour me mettre à jour dans le compte rendu à taper.
La fin de journée approche et vers 18h30, Serguei me demande, what do you want for dinner? 
Nous sortons ce que nous avons: pour lui, saucissons, fromage, conserve de tomates et concombres et dessert à la cacahuète. Pour nous, rillettes, pâté de campagne, galettes bretonnes, m&m's et abricots secs. On arrive à discuter un peu; on parle de notre périple, il s'y intéresse beaucoup et prend même notre plan de route en photo. Il travaille à Moscou dans un institut de géographie et géomorphologie. Il part à Abakan comme volontaire dans un chantier et va beaucoup changer de villes jusqu'à septembre. Voilà pourquoi il a un énorme sac de 100 litres! Et moi qui me plains de mon 70...
Super rencontre qui se termine par un échange de mail. Après le repas, il faut ranger nos affaires, on arrive à Ekaterinbourg à 3h45 heure de Moscou et 5h25 local.
Très belle première journée dans le train.





Ekaterinbourg (03/08/2014)



3h du matin, la prodvonista a "réveillé" un voisin russe anglophone du wagon pour nous expliquer que le train arrivait dans 40min. Nous sommes les seuls touristes car le train ne prend pas la direction prisée de ceux ci. Cette attention nous fait très plaisir. Il nous faut défaire les draps et taies pour transmettre le tout à la chef de cabine, les sacs sont déjà prêts pour faire le moins de bruit possible. Malgré tout, Serguei est debout et chaussé pour nous saluer sur le quai. Avant de se quitter, il nous écrit un petit mot en anglais sur son portable. Il a été heureux de nous rencontrer et dit que nous avons été des bons compagnons de voyage, il nous souhaite bonne route. Plaisir partagé, nous lui enverrons des photos à notre retour.
5h50, à Ekaterinbourg, nous nous installons sur des vieux sièges en acier pour patienter et finir notre nuit (enfin, essayer)... 6h30, une policière réveille les dormeurs fatigués comme nous ou alcoolisés. On arrive plus ou moins bien à se rendormir mais l'attente est longue. A 9h, on décide d'aller mettre nos sacs à la consigne. Consigne n°1 deux russes mal lunés nous envoient aux automates. Nous les trouvons à côté de la consigne n°3, mais impossible de les comprendre (même les russes n'y arrivaient pas). On hésite mais nous ne sommes pas prêts à trimbaler nos sacs toute la journée. On tente le coup auprès des deux jeunes qui tiennent la consigne 3, c'est OK pour une 15aine d'euros.
Nous pouvons partir léger, direction le centre ville. Il fait gris, les plus hautes tours sont dans les nuages et 17° seulement affiché au thermomètre bien loin des 35 de Moscou. C'est une vraie ville russe comme je l'imaginais, loin des richesses des 2 grandes que sont Saint-Pétersbourg et Moscou. Beaucoup de bâtiments abîmés, de la misère et quelques beaux monuments vite traversés. Il y a un beau lac bien aménagé où nous allons nous reposer, marmotte Maud est reparti.
 

 


Ensuite nous traversons le bras d'eau pour le quartier de la mairie, plus animé avec rue  commerçante et restos internationaux. Nous prenons une part de pizza chacun et un ici tea pour couper faim. Chemin du retour et repause sur le banc. On passe devant le reste des monuments dédiés à la famille Romanov (Nicolas II) exécutée ici même. Retour à la gare pour 5h d'attente. Nous passons chacun notre tour à la douche de la gare et faisons quelques courses avant ces 3 jours dans le train.

Quel regret d'avoir fait ce stop à Ekaterinbourg!
Après cette interminable attente, nous embarquons dans notre nouvelle maison pour 3 nuits. 
A bord, j'essaie d'engager la conversation avec un jeune homme face à moi mais la seule réponse et niet... On repassera plus tard. Lecture et Dodo!
C'est bizarre mais nous sommes épuisés de cette journée d'attente.

Train Train Train (04/08/2014)



Nous nous endormons tous les deux et ne nous rendons même pas compte de la sortie du jeune homme. Ce que l'on entend bien par contre c'est la montée d'un monsieur d'une cinquantaine d'année à Tioumen à 2h30 du matin. Quel bourrin! J'ouvre la porte en grand et en la claquant, je sors toutes mes affaires soigneusement rangées dans des sacs plastiques, je fais le lit en faisant le plus de bruit possible et bien sûr je parle à haute voix. Je retente un "English" et je me prends un "niet russian" très classe. Derrière lui attend un autre monsieur qui s'installe en haut sans qu'on ne s'en rende compte. Tout le monde trouve le sommeil. Mais à 7h, la porte s'ouvre en grand, whaï nos yeux! Le bruyant compagnon de chambrée nous la refait à l'envers car il descend bientôt. Tout ça pour 4h30 de voyage!
Le réveil se fait en douceur, notre voisin du haut baragouine quelque chose et voit nos visages incrédules, il esquisse un sourire et part petit déjeuner dans une cabine voisine. On tentera de communiquer tout à l'heure, le train train reprend son cours.
À Omsk, un homme de notre âge (un jeune quoi!) prend la banquette libre en bas. Au milieu de l'après midi, l'ami de notre voisin du haut entre en scène. Il avait déjà tenté de communiquer avec nous mais seulement avec des good morning et good evening on ne va pas loin. Maintenant il nous parle en russe du Baïkal et d'Oulan-Oude où il s'arrête (après Irkoutsk) et nous montre une vidéo sur son téléphone avec des ours polaire qu'il a pu filmer. Il continue à parler russe et se tourne surtout vers Maud. Il finit vraiment par nous saouler et il gonfle même le jeune qui lui prête un bout de banquette à côté. Vassily, le jeune homme, nous explique par 3-4 mots d’anglais qu'il complimente Maud et il va même jusqu'à lui donner son numéro de téléphone. J'oubliais l'essentiel, il avait la 50aine, rondouillard et particulièrement peu aidé par dame nature...et en plus lourd! Nicolaï de son prénom, nous laisse. Vassily éclate de rire et nous mime l'homme barbant, on est bien d'accord.
Au moins, ça aura permis d'ouvrir le dialogue avec Vassily qui transit pour le travail entre Ekaterinbourg (sa maison), Omsk et Novossibirsk où il descend ce soir. C'est un chasseur, mais pas le petit, le vrai chasseur! Il nous montre quelques gibiers tirés dans la taïga, ses chiens devant deux gros sangliers (on lui montre une photo d'Eliot) et surtout une vidéo de lui et ses compères en "char" dans la taïga enneigée partis construire d'énormes cabanes de chasse. Il nous montre aussi les chevaux qui lui servent à chasser ainsi que sa petite famille (une fille et un bébé en route). Il parle quelques mots d'anglais et même des rudiments de français. Il a envie d'en savoir plus sur nous et la France et ne comprend pas trop pourquoi on prend ce train très lent pour faire ce long voyage. Difficile d'expliquer que c'est pour notre plaisir quand lui fait une journée pour le travail. Une belle rencontre qui se termine à Novossibirsk où un petit papy le remplace. Mais c'est déjà 23h local, tout le monde au dodo. 
J'oubliais la présence de deux jeunes militaires dans le wagon; lors d'un bref arrêt, ils sont descendus à la rencontre sans doute d'une partie de leur famille et sont remonté les bras chargés de deux gros sacs. 10 min plus tard, ils distribuaient à tous les passagers du train des petites brioches très sucrées. 
Moment vraiment sympa!